- CHAPITRE 2 -
Juste au moment où le brun ouvre la bouche pour me répondre, le médecin fait son entrée.
-Bonjour Dina ! Excuses nous de te réveiller si tôt. Je suis désolé mais tu vas devoir partager ta chambre avec un garçon, nous manquons cruellement de places dans le service. Il s'appelle Bill, vous vous êtes peut être déjà présenté ? fait le médecin
-Non, nous n'avons pas eu le temps ! Nous commençions juste avant votre arrivé...
-Ok... Bon monsieur Bill, on va vous perfuser et faire une prise de sang... Je ne vous cache pas que vous allez sans doute devoir passer des examens complémentaires et je serais d'avis que ça se fasse le plus tôt possible, reprend le docteur
-Le plus tôt ? C'est à dire quand ?
-Et bien... Aujourd'hui si c'est possible...
-Oh...
"Bill" se met à pleurer et l'autre mec le prend dans les bras. Le gars qui était au téléphone tout à l'heure à l'air de s'impatienter.
-Et ça va prendre combien de temps tout ça ? Il ressort quand ? Il a des obligations vous le savez bien !
-Calmez vous monsieur Jost... Je suis désolé mais je pense que je vais devoir l'hospitaliser au minimum 15 jours/3 semaines. Ce sera en fonction des résultats des examens que je vais essayer de placer aujourd'hui, répond le médecin
-Et... et c'est quoi ces examens ?
-Il s'agit d'une exploration du tube digestif. On va voir avec une caméra ce qu'il se passe à l'intérieure et trouver ce qui cause tes maux de ventre... du moins je l'espère.
-Ok..., murmure le brun
Le médecin repart et le "monsieur Jost" murmure quelque chose aux deux garçons. Il part aussi, les laissant seul avec l'incroyable Hulck... et moi !
On est pas seuls longtemps. Pas assez longtemps pour avoir le temps de faire connaissance. L'infirmière arrive avec le matos' pour faire la prise de sang et perfuser "Bill". Elle fait sortir l'autre garçon et Hercule et commence à préparer ses affaires. Le brun stresse trop, ça se voit.
-ça va aller ! j'le rassure, Cécile c'est THE best en matière de piqueuse !
Bill me fait un p'tit sourire de remerciement et tend son bras, l'air tendu quand même. Je détourne les yeux pour ne pas voir.
Quelques minutes plus tard, c'est bon, le sang est dans les tubes, en partance pour le labo. Bill est perfusé et l'autre gars, dont je connais toujours pas le nom, et l'armoire à glace sont de retour dans la chambre.
On frappe à la porte. Les deux mecs se tournent vers moi, attendant sans doute que je dise "entrez" vu qu'à la base c'est ma chambre. Ben je dis "entrez"... c'est pas dûr de leur faire plaisir !loll
Une femme plutôt grande aux cheveux blond/roux ondulés entre. Elle me fait un rapide signe de "bonjour" et se précipite vers le brun. Ce doit être la mère de Bill.
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Ben oui c'était sa mère. Elle a pas eu le temps de dire ouf que les brancardiers sont venus pour chercher Bill et l'amener au bloc opératoire. Elle et l'autre mec l'ont accompagné et sont revenus dans la chambre. La dame essaye de se concentrer sur un bouquin et l'autre mec se ronge les ongles, perdut dans ses pensées, avachit sur une chaise.
On frappe de nouveau à la porte. C'est le petit déjeuné.
-Bonjour Dina ! Tu prends quoi ce matin ?
-Du lait au chocolat...
-C'est tout ?
-J'ai pas faim et envie de vomir...
-Bon... T'as toujours la perfusion...
Elle me sert et mon regard se pose sur les deux autres personnes présentes dans la pièce. L'incroyable Hulck, dont je connais toujours pas le vrai nom, a été "congédier" par le mec. Ils ont l'air tellement inquiet qu'ils me font de la peine.
-Carine ?
-Oui ?
-Tu peux pas servir quelque chose aussi à la dame et...
-Je suis son fils, répond le mec à mon interrogation muette
-Ah ok...
-D'accord. Vous prendrez quoi ? demande Carine aux deux autres
-Oh on ne veut pas vous déranger ! s'écrie la dame
-Oh ben ça dérange pas ! Vous allez pas ruiner l'hôpital avec une tasse de café et des tartines quand même ! s'exclame Carine avec sa bonne humeur habituelle
-Bon... Et bien un café alors...
-Noir ? Au lait ? Sucre ?
-Euh... Noir s'il vous plait !
-Et pour vous ?
-Café au lait s'il vous plait..., répond l'autre mec
Carine dépose deux cafés et des tartines et échantillons de beurre et de confiture sur un plateau qu'elle pose ensuite sur la table.
-Merci !
-Y a pas de quoi ! Et tu bois tout Dina, j'tiens pas à me faire gronder par les médecins moi !
-Oué oué pas de problèmes ! je répond
Carine part et je plonge dans mon chocolat avant que ça refroidisse. La dame commencent à préparer les tartines et le mec me fixe bizard. Je lève les yeux vers lui pour lui faire comprendre que je l'ai calculé et il me sourit.
-J'mappelle Tom ! m'apprend il
-Moi c'est Dina !
-Je sais...
-Oué mais je savais pas quoi répondre !
-Ok ! Elle c'est ma mère, Myriam...
-Ok, bonjour madame...
-On ne te fais pas envie avec nos tartines au moins, s'inquiette Myriam
-Oh non alors, je rigole, J'ai pas faim du tout !
-T'es là pourquoi ? me demande Tom
-C'est compliqué... J'ai une maladie et... voilà ! Trop long à expliquer.
-Ok... Tu restes combien de temps ? me demande t'il encore
-1 mois.
-Tant que ça ?
-J'ai déjà fait une semaine... J'espère que ça ira pour Bill..., je fais pour changer de sujet
-Oué moi aussi...
On passe le reste de la matiné à parler. Il m'apprend que Bill est son frère jumeaux et qu'ils sont franco-allemand. Leur mère est française. De St Brieuc précisément. Ils vivent dans l'est de l'Allemagne en temps normal.
Ma mère arrive et l'attente se prolonge encore. Ma mère et moi, on soutient Tom et Myriam du mieux qu'on peut. Les examens durent longtemps et ils n'ont pas franchement l'habitude des hôpitaux.
Finalement, vers 14 heures, on vient "nous" apprendre que Bill est en salle de réveille.
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A 16 heures, on a enfin remonté Bill dans la chambre. Monsieur a prit son temps pour se réveiller !
Le médecin débarquent quelques minutes plus tard et il a pas franchement une tête à plaisanter.[c]
-Bill, madame, monsieur, il faut que je vous parle... Il y a deux nouvelles. Une bonne et une mauvaise.
-C'est quoi la mauvaise ? demande Myriam anxieuse
-La mauvaise nouvelle, c'est que l'examen a confirmé nos craintes. Nous avons trouvé des lésions confirmant que Bill est atteint de la maladie que nous pensions et que cette maladie est incurable, on ne sait pas la guérir.
Myriam s'effondre sur sa chaise et fond en larme. Tom se lève et va la prendre dans les bras, les larmes aux yeux.
Bill... Bill réalise pas trop je crois. Il est encore un peu shooté après l'anesthésie à mon avis.
Myriam relève difficilement la tête vers le médecin qui attend patiement, compréhensif face au choc.
-Et... c'est quoi la bonne nouvelle ?
-La bonne nouvelle c'est que cette maladie fonctionne par crise et qu'on peut la soigner. Il est tout à fait possible que Bill fasse un crise maintenant et qu'après il n'en fasse plus jamais ! On ne peut malheureusement pas savoir à l'avance comment la maladie va se comporter et on ne peut rien promettre.
-...
-Dina, m'interpelle le doc'
-Oui monsieur Camuris ?
-Tu es d'accord pour... ? me demande t'il.
Je fais oui de la tête et le médecin apprend à Myriam et Tom que je suis atteinte de la même maladie que Bill et que j'ai de l'expérience en la matière puisque moi ça fait 8 ans.
-Dina est un cas particulièrement difficile mais...
-Merci ! je proteste
-Mais ça ne veut pas dire que Bill suivra le même schéma. On ne peut pas savoir à l'avance.
-Bien docteur..., murmure Myriam, et vous préconisez quoi ?
-Et bien concrettement on va devoir faire la même chose que pour Dina.
-C'est à dire ?
-Mettre Bill sous perfusion pendant un long moment. ça s'appelle une parentérale.
-Un long moment ça veut dire combien de temps ? demande Myriam
-Un mois environ. Il a perdu 18 kilos et je ne peux pas le laisser en perdre d'avantage. Il faut qu'il reprenne du poids absolument pour combattre la maladie et c'est le seul moyen...
-Bien...
-On lui a déjà poser un cathéter et la nutrition parentérale va être posé ce soir, leur apprend le médecin
-D'accord... Si vous pensez que c'est mieux...
-C'est la seule chose que je puisse faire pour l'instant...
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Je répond aux nombreuses intérrogations de Tom et Myriam durant le reste de l'après-midi. Je leur apprend tout ce que je sais sur la maladie et essaye de dédramatiser. On peut vivre avec, il n'y a presque pas de risque de mourir, ils sont minimes. ça ne me gêne pas de leur répondre, au contraire, je veux les aider à surmonter ça puisque je peux.
Une question pourtant, je la redoute. Et c'est Myriam qui la pose dans la soirée.
-Et... Tu dis que c'est une maladie semi-génétique... Il y a des risques pour que Tom en soit atteint aussi ?
-Comme c'est un vrai jumeau, je ne vous cache pas qu'il y a des risques oui, je répond
-Combien ?
-Dans 4O% des cas, le vrai jumeau développe la maladie...
-...
A ce moment précis, Bill semble sortir de sa létargie et une larme coule le long de sa joue. Pourtant il ne bouge pas. Il reste impassible. C'est seulement cette goutte d'eau qui l'a trahi. Ainsi il écoutait la conversation...
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La nuit tombe et les visiteurs doivent quitter la chambre. Comme nous sommes deux dans la chambres, personnes n'est autorisé à dormir avec Bill. ça me fait de la peine quand même...
Je met du temps à m'endormir. Je repense à cette journée.
Putain. Encore une victime de cette saleté de maladie. Je la hais... encore plus.
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Dans la nuit, je suis réveillée par des pleurs qu'on essaye de masquer. Je me redresse et distingue la forme d'un corps qui trésaute sous les sanglots.
Bill... il pleurt.
Je me lève doucement et prend la perche avec la perfusion. Je me dirige vers son lit et passe doucement ma main dans ses cheveux. Il tourne un visage trempé de larme vers moi.
-Dis moi tout ce que tu as sur le coeur. Il faut que ça sorte, je murmure en m'assayant sur son lit
Bill se redresse sur son lit et fond franchement en larme. Je le prend dans mes bras et on reste là un moment. J'attend patiement qu'il se décide à parler. Il faut absolument qu'il laisse échapper sa colère. Il ne faut pas qu'il la garde en lui, c'est mauvais.
-Pourquoi moi ? demande t'il en pleurant
La première question qu'on se pose tous. La réponse ? Pas de réponse. Alors il faut continuer à avancer. Et ça prend du temps...
Je lui répond ça et il me demande de lui raconter mon histoire.
On passe le reste de la nuit à ça. Parfois il m'interromp pour me poser une question. J'essaye de dédramatiser la situation en disant qu'il y a pire et que la maladie n'empêche pas de vivre des choses géniales.
Je passe la nuit à le rassurer, le bercant contre moi comme un bébé.à suivre...
J'espère que l'histoire vous plait toujours... Donnez moi votre avis !
Avouez que je vous gâte, vous avez vu la longueur du chapitre ?! loll
kussi
Nina
EDIT:
Vous êtes beaucoup à me poser la question alors j'ai décidé d'y répondre.
Oui cette maladie existe réellement. C'est ce qu'on appelle une MICI (Maladie Inflammatoire Chronique de l'Intestin).